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  • Préface de Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire à l’université Paris VII. Traduit de l’allemand par Herwig Lerouge. En plusieurs articles, écrits dans les années 1970 et 1980, mais édités ici pour la première fois en français, l’historien Kurt Gossweiler, le plus grand spécialiste du fascisme en RDA, analyse les origines du fascisme et plus particulièrement du nazisme. Il dévoile, noms et dates à l’appui, comment dès 1919 des cercles dirigeants allemands misent

    sur l’obscur parti bavarois de Hitler pour en finir avec la République de Weimar. Sans ce soutien, beaucoup plus important que les millions de voix pour le parti nazi, jamais Hitler ne serait arrivé au pouvoir. Il explique pourquoi le fascisme allemand a pu entraîner un si grand nombre d’admirateurs et pourquoi il a pris un caractère ultraviolent. On comprend en le lisant dans quelles circonstances le fascisme émerge. Gossweiler décoche ses flèches contre les interprétations

    psychologisantes, superficielles et conclut par un message plein d’espoir : oui, la marche irrésistible vers la catastrophe aurait pu être évitée et par conséquent elle peut l’être aussi aujourd’hui. Kurt Gossweiler (né en 1917 à Stuttgart) a déserté l’armée allemande sur le front russe pour passer dans les rangs soviétiques en mars 43. À la fin de la guerre, il entame une carrière scientifique à l’université Humboldt comme collaborateur scientifique à

    l’Institut de l’histoire allemande. De 1970 à 1983 collaborateur scientifique de l’Institut central d’histoire de l’Académie des Sciences en RDA et présente en 1972 une thèse sur « Les grosses banques, les monopoles industriels et l’Etat ». Il publie encore dans de nombreuses revues. De Weimar à Hitler : Les causes de l’avènement de la dictature fasciste Le 30 janvier 1933 est un des jours les plus noirs de l’Histoire. Il marqua le début du crime le plus

    affreux commis jusqu’alors : la préparation de la Seconde guerre mondiale et de l’agression de l’Union soviétique socialiste. Dans sa déclaration gouvernementale du 1er février 1933, Hitler promettait au peuple allemand l’amélioration de la situation des travailleurs et des paysans et le maintien et la consolidation de la paix. En réalité, il planifiait – et mettait en pratique – une attaque contre les droits de l’ensemble des classes et des couches travailleuses, une

    persécution et une répression d’une extrême violence à l’encontre des communistes, des démocrates, des partisans de la paix – en un mot : de tous les antifascistes. « Donnez-moi quatre ans, et vous ne reconnaîtrez plus l’Allemagne » prophétisait Hitler. Et en effet, après quatre ans de guerre, l’Allemagne, et même l’Europe, ravagées, étaient devenues méconnaissables. Dans de nombreux pays on se demande aujourd’hui : comment l’arrivée du fascisme au pouvoir en

    Allemagne fut-elle possible ? Qui en sont les responsables aux yeux de l’Histoire ? Comment peut-on empêcher un retour du fascisme ou combattre son existence ? L’exemple historique fourni par l’Allemagne doit servir de leçon aux peuples du monde entier. En Allemagne fédérale comme dans d’autres Etats impérialistes, des milliers de journalistes, d’historiens à la solde de l’Etat, de philosophes et de sociologues s’évertuent à cacher les causes et les forces qui ont donné

    naissance au fascisme. C’est pourquoi, il est de notre devoir politique et historique d’apporter à ces questions des réponses conformes à la vérité des faits. La connaissance scientifique des origines et de la nature profonde du fascisme renforce le combat anti-impérialiste d’aujourd’hui. 1. Impérialisme et fascisme Le fascisme est la conséquence extrême de la tendance à la réaction et à la violence inhérente à l’impérialisme. « Le temps de l’impérialisme

    marque le règne du capital financier et des monopoles qui, partout, poussent à la domination et non à la liberté, réaction sur toute la ligne, d’une mesure égale quel que soit le régime politique, dégradation extrême dans ce domaine également.- c’est là le résultat de toutes ces tendances »1. Le monopole mène inévitablement à l’absolutisme sur le plan économique et politique. « La superstructure politique de la nouvelle économie et du capitalisme monopoliste… est le

    virage de la démocratie vers la réaction politique. La libre concurrence correspond à la démocratie, le monopole à la réaction politique». Le fascisme en tant que courant politique n’a pas fait ses débuts sur la scène de l’Histoire universelle en même temps que l’impérialisme, il n’arriva qu’après la fin de la Première guerre mondiale. La tendance de l’impérialisme à la réaction et la violence ne prit donc une forme fasciste que dans une situation historique bien

    précise. Cette situation fut caractérisée par l’entrée du capitalisme dans une période de crise généralisée. La victoire de la révolution socialiste d’octobre 1917 en Russie précipita cette crise généralisée du capitalisme de façon vertigineuse. Le renversement de la bourgeoisie russe avait fait prendre conscience à la bourgeoisie du monde entier que la classe ouvrière était concrètement en mesure de la vaincre, de provoquer la fin du capitalisme et d’établir un ordre

    nouveau. L’effet de cette expérience historique sur la bourgeoisie monopoliste était et est contradictoire : d’une part, elle apprit à reconnaître les vertus du réformisme social-démocrate comme rempart contre la révolution. Considéré jusqu’alors comme inapte à occuper des responsabilités gouvernementales, il fut inséré dans son appareil de domination et d’oppression. D’autre part, sa crainte de la révolution suscita la volonté de ne plus seulement tenir le mouvement

    ouvrier dans certaines limites, mais de purement et simplement le détruire. Plus jamais la classe ouvrière ne devait être en mesure de s’organiser et de combattre pour ses intérêts. Elle voulait enlever à la révolution toute chance de réussite en mettant les révolutionnaires hors d’état de combattre en les isolant ou en les supprimant physiquement, en tout cas en les tenant à l’écart du reste de la société. La tendance à la réaction et à la violence inhérente à

    l’impérialisme acquiert donc au cours de la période de crise généralisée une qualité supplémentaire : il se transforme en une volonté permanente d’exterminer totalement le mouvement ouvrier révolutionnaire. L’impérialisme trouva dans les mouvements et les dictatures fascistes l’instrument le plus efficace pour mener à bien cette destruction. En effet, le rôle principal du fascisme consistait à réprimer et de tenir en échec le mouvement ouvrier par la terreur et la

    violence. Le fascisme est un phénomène international au même titre que l’impérialisme. Le fascisme allemand joua le rôle de « la troupe de choc de la contre-révolution internationale, principal fomentateur de la guerre impérialiste, d’instigateur de la croisade contre l’Union soviétique, la grande patrie des travailleurs du monde entier. » Les particularités du mouvement fasciste et de la dictature fasciste dans un pays (quelconque) sont avant tout déterminées par le

    caractère et les particularités de l’impérialisme qui l’a engendré. Georges Dimitrov disait de la variante allemande du fascisme qu’il était le type de fascisme le plus réactionnaire ; et ce parce qu’il était le produit de l’impérialisme le plus réactionnaire, le plus belliqueux et le plus brutal de l’époque qui l’a mis au pouvoir pour la réalisation de ses propres desseins. […]

    Kurt Gossweiler Hitler, l’irrésistible ascension ?

  • Cet ouvrage propose au lecteur sept chapitres consacrés à quelques-uns des révolutionnaires les plus importants d’Amérique latine et caribéenne : Simón Bolívar, José Martí, Ernesto Che Guevara, Hugo Chávez, Fidel Castro et Evo Morales. L’Amérique latine et caribéenne offre depuis le début des années 2000 l’image de peuples qui sont parvenus à repasser à l’offensive, dans les conditions historiques très difficiles qui sont celles de ce début de XXIe siècle. C’est

    cette puissante mobilisation populaire qui est aujourd’hui confrontée à diverses tentatives, appuyées par l’impérialisme étasunien, de retour de la réaction. Et ce sont ces peuples qui, comme ils l’ont fait depuis des décennies, sur tout le continent, résistent.

    Rémy Herrera Figures révolutionnaires de l’amérique latine

  • Dans l’Europe de 1914, le droit de vote universel n’existait pratiquement pas. Partout, la noblesse et les grands industriels se partageaient le pouvoir. Mais cette élite, restreinte, méprisait la démocratie et craignait les masses populaires et le spectre d’une révolution. L’Europe devait sortir « purifiée » de la guerre, et « grandie » par l’extension territoriale. Et si la Première Guerre mondiale était avant tout la suite meurtrière de la lutte

    entre ceux d’en haut et ceux d’en bas initiée dès 1789 ? C’est la thèse magistrale du livre de Jacques Pauwels, qui connaît aujourd’hui une nouvelle édition, mise à jour, augmentée d’un index. L’historien démontre ici que les grandes puissances mondiales voulaient depuis longtemps cette guerre pour s’approprier colonies et autres richesses et écraser les idées révolutionnaires qui gagnaient de plus en plus l’Europe. Ce gros livre, facile à lire, donne à la

    Première Guerre mondiale l’éclairage, absent des commémorations médiatiques, des rapports sociaux. Les classes dirigeantes de tous les pays impérialistes ont voulu et préparé la guerre générale, 1° pour se repartager le monde qu’elles s’étaient, en vive concurrence, réparti depuis la grande crise systémique de 1873 ; 2° pour conjurer la « révolution » prétendue la menaçante, ou plutôt toute évolution vers la « démocratie ». Cette mise au point sur les réalités

    sociopolitiques montre comment l’immense boucherie a balayé l’union sacrée d’origine, d’ailleurs relative, et aggravé les divisions sociales, tant dans l’armée (étude passionnante) que dans la société civile, métropolitaine et coloniale. Appuyée sur une énorme bibliographie à laquelle manquent peu de titres, elle cite beaucoup de poèmes de guerre. Et, ce n’est pas la moindre de ses qualités, elle donne envie de lire les principaux ouvrages qui l’ont nourrie. Annie

    Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine (Paris VII)

    Jacques R. Pauwels 1914-1918 La grande guerre des classes

  • Bien que précédemment purgées d’éléments trop compromettants au moment de leur ouverture aux chercheurs en 1980, les Archives Trotsky de Harvard ont depuis laissé filtrer certains documents sans équivoque, comme des accusés de réception de lettres à des inculpés des procès de Moscou, ou encore une lettre de Léon Sedov à son père, Trotsky, évoquant la création d’un bloc conspirationniste unissant leurs partisans aux zinoviévistes. Des soviétologues éminents comme

    John Archibald Getty ou encore l’historien trotskyste de renommée mondiale Pierre Broué ont ainsi apporté les preuves tangibles et irréfutables de l’existence d’un complot trotskyste en URSS dans les années trente, fait que Trotsky avait toujours nié. Faisant fond sur les sources primaires des Archives Trotsky ainsi que sur les archives soviétiques, Grover Furr soumet les témoignages des accusés aux procès de Moscou à un contre-examen au plus près des sources. Sa

    conclusion : les aveux des témoins sont authentiques et concordent. Les mêmes sources primaires, ainsi que les écrits de Trotsky, démontrent que ce dernier a menti sur presque tout concernant l’URSS, dans ses écrits sur les procès de Moscou (1936, 1937 et 1938) ainsi que sur l’assassinat de Kirov, enfin dans son témoignage devant la Commission Dewey en 1937. Ce livre révolutionne la compréhension des procès de Moscou. Les écrits et les activités de Trotsky dans les années

    trente doivent être revus sous un nouveau jour, celui des ultimes menées d’un intriguant génial et sans scrupule, prêt à tout pour revenir au pouvoir.

    Grover Furr Les-amalgmaes-de-trotsky