Seconde Guerre Mondiale : 10 décisions – des explications

Dans la note précédente, nous avons énoncé 10 décisions qui ont déterminé l’existence, le déploiement et les effets, de la Seconde Guerre Mondiale. Nous les reproduisons ici, en les expliquant.

la décision, par le grand patronat allemand ET, américain, français, de soutenir, radicalement, ou, de manière biaisée, cachée, le parti nazi, dans son ascension (un parti-milice utilisé par le grand patronat pour briser les grèves, frapper, voire tuer des ouvriers, des syndicalistes, des communistes) et dans la prise du pouvoir”.

En effet, quand on entend que le début de la 2GM se serait réalisé avec la signature du pacte germano-soviétique, cette affirmation, portée par l’UE, l’extrême-droite, a pour objet de dissimuler l’importance des “accords de Munich”, signés un an auparavant, et par lesquels Hitler obtenait la validation des acquis de son expérience (!), par lesquels les pays d’Europe de l’Ouest souhaitait qu’il se tourne vers l’est, ce qui, dans ce cas, leur aurait permis de s’associer avec lui. La décision ultérieure d’Hitler, par l’attaque de la Pologne, a scellé ce projet “européen”, de “pacte” contre l’URSS. Mais, en outre, le véritable début de la 2GM réside dans la volonté d’Hitler, volonté ancienne, permanente, exprimée dans “Mein Kampf”. Cet ouvrage a été lu, notamment par la classe sociale capitaliste, partout en Europe, elle qui se prétend éduquée et informée; et c’est parce qu’elle l’a lu, qu’elle a été plutôt enthousiaste envers ce petit caporal. Donc, le fait de soutenir Hitler et le parti nazi, comme ils l’ont été, par ce grand patronat, est une décision, et une faute, inexcusables. Il faut ajouter que ce grand patronat a réalisé, pour et avec cette guerre, d’immenses profits, et que peu parmi celui-ci a eu à rendre des comptes, plus que comptables.

la pression exercée par ce grand patronat allemand et par le Zentrum (catholique) sur Hindenburg pour qu’il propose à Hitler de devenir chancelier

Le Nazisme pouvait être stoppé avant 33. Beaucoup avaient compris l’extrême danger qui s’annonçait. Les intentions, violentes, des nazis, étaient claires, annoncées. Nombre d’Allemands ne voulaient pas voir Hitler parvenir au pouvoir. Le parti nazi aurait pu être déclaré illégal, et ses dirigeants, être arrêtés. Il y aurait eu des troubles, et qui sait, une “révolution”. Mais comme il était possible qu’elle soit rouge, le grand patronat allemand, la Bourgeoisie, ont conseillé à Hindenburg de, malgré tout, accepter. (Sur le Zentrum, aucune vidéo sur Youtube !!!).

le réarmement allemand massif et constant, de 1933 à 1939, en violation du Traité de Versailles; réarmement dont l’ampleur a été cachée aux Européens, notamment par leur presse nationale

Les services secrets des pays occidentaux, notamment français, existaient avant-guerre. Ils ont écrit des rapports. Des Français se sont rendus en Allemagne. Ils ont vu des choses et ont écrit à ce sujet. Le réarmement allemand, dont une partie fut exhibée au fur et à mesure, n’était donc pas inconnu. En 1939, le gouvernement allemand consacrait 80% de son budget à l’armement. La volonté de guerre d’Hitler était donc prouvée, certaine. Elle devait donc être prise en compte pour…

le refus par l’état-major français, son réseau Cagoulard, et, au-delà, par 99% de l’extrême-droite française qui, à l’époque, était déjà très et trop influente en France, d’une alliance franco-soviétique (souhaitée par l’URSS); refus confirmé à plusieurs reprises et qui, en 1939, a contraint les dirigeants soviétiques à étudier puis à accepter un pacte de “non-agression” avec l’Allemagne nazie (les deux parties se considérant comme des ennemis)

L’extrême-droite, catholique, raciste, a acquis, de longue date, des positions importantes, décisives, dans la haute administration française, et particulièrement dans les armées, la police, la gendarmerie, le Ministère des Affaires Etrangères. Nombre de ces extrémistes étaient germanophiles, au point même de haïr la France, la République – même si, pour se justifier, ils se disent, comme aujourd’hui, “patriotes”. Ils étaient en relation avec les Nazis. Ceux-ci faisaient parvenir des enveloppes pour payer, des politiques, des administratifs, des journalistes, des notables, etc. Aussi, pour toute cette clique sinistre, la perspective d’une alliance franco-soviétique si à même d’encercler et d’enfermer l’Allemagne dans un étau, était dramatique. Avec ses hommes, elle a réussi, notamment au nom du “plus jamais ça”, instrumentalisé, à empêcher cette alliance. Ces hommes, sauf s’ils sont morts pendant la guerre, sauf s’ils ont commis des crimes trop graves, qui n’ont pu leur être pardonnés, ont survécu, n’ont pas été condamnés pour cette “intelligence avec l’ennemi”.

l’absence de forces militaires françaises suffisantes dans la zone des Ardennes, contraire à toute logique, “bon sens”, stratégique

Cette absence s’explique ou par la nullité stratégique de quelques généraux français qui méritaient seulement d’être immédiatement mis à la retraite, ou par le fait qu’ils étaient des agents de l’ennemi. C’est ce que Annie Lacroix-Riz a admirablement démontré, en prenant la suite de Marc Bloch, par la volonté de défaite, de ces gens si influents. Ce serait “la divine surprise”. Ils ont eu ainsi 4 ans pour accomplir des basses oeuvres et des crimes. Là encore, l’épuration a été une aimable plaisanterie.

la non-invasion de la Grande Bretagne par des troupes nazies, notamment en raison de la conviction d’Hitler qu’il serait possible à un moment donné d’obtenir la reddition anglaise, ou de négocier une paix

Même si la Kriegsmarine ne dispose pas d’une flotte très importante, elle disposait de suffisamment de bateaux pour transporter des hommes et du matériel, sur une côte accessible. En outre, des parachutistes allemands pouvaient être lancés sur, pour aider l’action au sol. La dynamique allemande y portait. Mais Hitler savait qu’ils avaient de nombreux amis en Angleterre. Il espérait donc un accord, ce qui explique aussi l’action de Rudolf Hess, que l’historiographie dominante s’est entêté à présenter comme un fou, marginal.

l’absence de toute inquiétude internationale, de toute pression internationale massive sur le régime nazi, concernant les populations juives d’Allemagne et des pays de l’Est, et notamment l’absence de toute pression des dirigeants de l’Eglise Catholique (informés en amont et en aval des massacres contre les Juifs, les Tziganes); et, dans certains cas, la bénédiction des crimes nazis par de tels dirigeants

C’est un sujet sur lequel il y a peu de publications. L’antisémitisme nazi est connu dans le monde. Il est connu pour être radical. Il y a eu la Nuit de Cristal, en 1938. 1938. Le monde entier mesure la gravité de l’antisémitisme nazi. Sans pression internationale, le niveau de la violence ne peut qu’augmenter. Est-ce que les différents gouvernements occidentaux en parlent ? Non. A l’inverse, les communistes et les Soviétiques dénoncent, dans le nazisme, un projet “cannibale”, concernant les Juifs. Certains des plus grands dirigeants soviétiques étaient juifs. La comparaison/égalisation du régime nazi et de l’URSS est, AUSSI DE CE POINT DE VUE, un scandale. Quant à l’Eglise Catholique, nombre de publications et de films ont démontré que, pour nombre de ses plus hauts dirigeants, les Nazis étaient préférables à tout et à tous; qu’ils ont béni ces armées; qu’ils ont souhaité leur victoire; que, pour certains, ils haïssaient les Juifs. Ce que, désormais, nous retrouvons dans la Pologne actuelle, capitaliste, la Hongrie. Et c’est pour cela qu’il n’est pas surprenant que, à la fin de la guerre, l’Eglise catholique ait tant aidé les fuyards nazis vers les Amériques.

la conférence de Wannsee, planification d’un massacre industrialisé

Il n’y a rien à ajouter ou presque. On sait que c’est lors de cette conférence que la plupart des plus hauts dirigeants nazis ont décidé d’engager un programme d’élimination systématique, industrialisé, des Juifs et de tous les autres, sous…, ennemis politiques. Et c’est la plupart du temps en Pologne qu’ils accomplissent ce crime contre l’Humanité, après la Shoah par balles.

l’armement soviétique, commencé dans les années 30 et accéléré dès 1940, par lequel l’URSS a mis à la disposition de l’Armée Rouge des armes nouvelles et efficaces

Dans un récent programme de la chaîne anticommuniste, Arte, sur les années 30 qui mènent au pacte de 39, il y a un passage savoureux : on y voit des militaires et des diplomates occidentaux, en visite en URSS, qui assistent à une parade militaire. Le commentaire dit : ils sont bluffés. Ils n’en reviennent pas des armes dont disposent l’URSS. Certains pensent qu’il y a une contradiction avec le fait que, avec les premiers jours de l’opération Barbarossa, les armées et les soldats de l’URSS reculent, éprouvent de lourdes pertes. Mais c’est que l’Allemagne nazie attaque avec une gigantesque armée ! Face à elle, l’Armée Rouge recule. Face à une telle armée, l’Armée Française aurait été laminée, aurait disparu. Le souci permanent des dirigeants soviétiques a été, avec l’été 39, de gagner du temps, pour se préparer. Mais entre cet été et juin 1941, les deux années ont bien été utilisées pour produire de nouveaux chars, préparer des armes nouvelles, mais, malgré tout, ce temps n’était pas suffisant. Avec l’attaque allemande, l’URSS est obligée de mettre les bouchées doubles. Et c’est ce qu’elle fait. Et c’est ce qu’elle réussit. De la part d’un système politique/économique/industriel, dont, de toutes parts, des clowns, des extrémistes de droite, des intellectuels sociaux-démocrades, nous expliquent qu’il était inefficace, etc.

la constitution d’une nouvelle “grande Armée européenne”, pour attaquer l’URSS. Ces jours-ci, l’OTAN a organisé l’imitation d’une telle constitution pour provoquer la Russie à ses frontières. Les crimes dans les pays de l’Est n’ont pas été le fait des seuls Allemands, mais de fascistes, italiens, roumains, hongrois, etc.

C’est ce qui a provoqué la création d’un Front de l’Est immense. En outre, ces supplétifs des nazis étaient, comme leurs amis, des criminels, des salauds, mais de piètres soldats. Cette décision veut un total impressionnant. Le nombre est connu pour être déterminant. Mais si des soldats sont de mauvais combattants, la ligne de force a beaucoup de faiblesses. C’est ce qui s’est révélé avec la culbute de Stalingrad.

Pour terminer, cette “pépite” : Angela Merkel “assume complètement la responsabilité des crimes” nazis. Oui, vous avez bien lu…

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