Blanquer : l’exécution du plan de destruction de ce que fut l’Education Nationale, l’asservissement des professeurs, et, face à une telle attaque, il faut un texte commun pour exiger la fin de ce supplice et…

Les médias sous le contrôle de l’Etat ne peuvent permettre d’en prendre conscience. Vous devez rencontrer des professeurs, lire ce qu’ils disent, écrivent, sur Internet. Il y a même des figures, de plus en plus connues, comme Harold Bernat, pour n’en citer qu’une. Ils rejettent et la personne de Blanquer, et ce que fait ce Ministère de l’Education contre eux. Car, pour la première fois, d’une manière inédite, 99% des dispositions prises par ce Ministère ont été, sont, des dispositions CONTRE les enseignants. A l’égard de cette politique, de son rejet par les professeurs, Blanquer se réduit à de la communication, dans des monologues. Blanquer est le roi des affirmations, non contredites, dans la mesure où il est, tout, seul à parler. Sauf exception, sur le terrain, il ne se trouve jamais face à des professeurs. Il s’organise en permanence pour cela. Et les médias sous le contrôle de l’Etat relaient ses mensonges. Depuis la mobilisation de la fin d’année scolaire 2019, jusqu’à maintenant, le rejet de Blanquer par les enseignants a augmenté, est devenu majoritaire, est aujourd’hui très largement majoritaire. Le “meilleur d’entre nous” du Macronisme est aujourd’hui totalement dévalué. Mais il est toujours en place. Les OS de l’EN continuent d’aller négocier au Ministère, bien que toutes les “négociations” avec ce gouvernement soient des farces : les uns et les autres s’assoient autour d’une table, les représentants du Ministère demandent à leurs invités de faire connaître leurs demandes et leurs raisons, il y a des hochements de tête, la réunion se termine, une autre se fait dans les mêmes conditions, et, à la fin des fins, c’est le projet initial qui, à 99%, est imposé. Le mépris de ce gouvernement, de sa haute fonction publique, pour les travailleurs, a atteint des proportions jamais vues. Il était déjà là, sous Hollande le fourbe, sous Sarkozy le violent, sous Chirac le menteur, sous Mitterrand le comédien, mais, avec Macron, il va jusqu’à son maximum. Ils sont en roue libre, à tous les niveaux. Ils agissent comme si la France et les Français étaient leurs sujets, comme s’ils étaient des maîtres. Contre les professeurs, la liste des dispositions adoptées, imposées, est impressionnante : elles concernent, le temps de travail, le “contrat” (statut et contrat des contractuels), les conditions de travail, les rémunérations, l’embauche (le concours), le nombre de postes (priorité de ce gouvernement, avec des suppressions par réorganisation), les droits salariaux et syndicaux, la liberté d’expression, etc. C’est une attaque en règle, une guerre. Derrière cette guerre, il y a, la haine, la volonté de soumettre les enseignants, définitivement. Beaucoup parmi les enseignants en ont conscience, le disent, plus ou moins clairement, fortement. Mais face à une attaque/guerre, il n’y a pas une réponse adaptée. Actuellement, les professeurs sont très engagés dans la lutte contre le projet gouvernemental sur les retraites, et beaucoup se focalisent dessus – mais si les retraites, c’est le futur, et un futur essentiel, nombre des dispositions évoquées sont déjà au présent ou vont l’être. C’est donc l’ensemble de la politique de ce gouvernement Macron/Philippe qu’il faut rejeter, et seule une mobilisation nationale forte et durable est à même de parvenir à gagner, non pas une bataille, mais la guerre. Là encore, est-ce que nous pouvons voir toutes les OS sérieuses, celles qui ont des bases authentiques, mobilisées, se rencontrer pour penser ensemble cette situation, décider de la stratégie à mener ? Non, rien. Beaucoup croient que la simple agrégation des colères et des mobilisations fera l’affaire. Cette logique “anarchiste” dans les combats a conduit à des milliers de défaites dans le passé. Si nous voulons encore perdre, nous pouvons continuer ainsi. Nous, nous n’approuvons pas cette logique, illogique. Une Assemblée nationale des enseignants doit être organisée. Ses membres doivent se rencontrer et rester ensemble, jusqu’à ce qu’une “Constitution” de l’Education soit écrite. Et, tant qu’elle n’est pas là, ses membres ne doivent pas quitter la salle où ils seront réunis. Evidemment, nous pensons qu’il faudrait une même démarche pour le mouvement social, associant les Gilets Jaunes, les Stylos Rouges, les grévistes, les chômeurs. Un tract commun pourrait être élaboré et diffusé par millions pour atteindre le plus grand nombre des citoyennes et citoyens de notre pays. Il y faudrait rappeler l’état du pays, avec des dirigeants qui mentent, des médias qui (trop, pas tous) relaient ces mensonges; rappeler que toute la politique actuelle vise explicitement à créer un plus grand nombre de chômeurs et de pauvres; que ce projet qui vise à renforcer, quantitativement et qualitativement, le groupe des plus riches n’a pas bougé d’un iota, avec et depuis le mouvement des Gilets Jaunes, et que, pire, le gouvernement s’est servi de ce mouvement pour attaquer tous nos autres droits, de nos libertés, d’expression, de manifestation. Il faudrait aussi prendre acte que, confrontés que nous sommes à de tels fanatiques du libéralisme ultra, nous pourrons construire dès lors qu’ils seront partis; et rappeler que l’extrême droite pense et dit la même chose que ce gouvernement, cette majorité. Beaucoup font référence au CNR. Le CNR fut une organisation pour un temps de guerre. Il faut penser que, en effet, nous y sommes; et que, si nous agissons, fortement, avec cohérence, nous pourrons empêcher une guerre civile dévastatrice. Face à l’ensemble des violences incarnées et imposées par ce gouvernement, les citoyens que nous sommes veulent une véritable paix civile – pas celle des cimetières.

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