Extrême-droite en France : une Loiseau ne peut être l’arbre qui cache la forêt, la toile d’araignée de l’extrême-droite (principalement catholique) contrôle le pouvoir depuis… Thiers

Médiapart a publié un article qui, depuis quelques jours, fait sensation. Celle qui représente le parti politique, présidentiel, LREM, Nathalie Loiseau, a donc été adhérente d’un syndicat étudiant d’extrême-droite, au point de faire partie d’une liste de candidat(e)s. Nous devrions dire : déjà. Finalement, elle continue. En effet, ce qui est pris pour une “révélation” problématique (dans la mesure où l’extrême-droite est identifiée, par réduction, au RN FN), ne fait que révéler une vérité dont nous faisons toutes et tous l’expérience depuis deux ans : LREM est un parti de droite, dont, des idées, des membres, des décisions, relèvent de l’extrême-droite. C’est que, et notamment à cause de Sciences-Po, et d’autres, nous subissons la diffusion et l’imposition de catégories politiques et sociales, avec la Dyade, droite-gauche, à savoir, le centre, le centre-gauche, le centre-droite, la droite républicaine, l’extrême-droite, etc, catégories qui masquent et des rapports et des logiques politiques en France. Pourquoi ? Parce qu’elles sont déplaisantes et politiquement dangereuses. Notre présent est issu de ce “passé qui ne passe pas”. Les effets, de manche, d’hypnose, d’illusion, d’optique, de “com”, peuvent être l’écume du présent : ils réussissent, certes, à former un écran permanent d’images et de mensonges sur et notre passé et notre présent, mais ils sont ce qu’ils sont, des apparences, dont la durée de vie est faible, et qui, finalement, finissent par s’évaporer dans l’atmosphère de la conscience qui tient à la vérité comme à la prunelle de ses yeux. L’Histoire de France est, tout autant que son présent, bien pénible. Le “peuple français”, ou les populaires, majoritaires, subissent, après les aristocrates de l’Ancien Régime, de nouveaux aristocrates, ceux de la grande bourgeoisie, qui se reproduisent, se transmettent le pouvoir, les pouvoirs, de génération en génération, qu’ils soient membres ou non d’une Loge maçonnique (mais cela aide). En 1848, la grande Bourgeoisie a dû faire un choix et il fut vite fait : ou laisser les “Rouges” conquérir le pouvoir (et les rumeurs familiales sur “la Terreur”, Robespierre, se répétèrent pour faire frémir d’effroi la jeunesse dorée), ou soutenir le futur Napoléon III, certes, aventurier, mais qui, installé dans les ors de la République, préférerait passer son temps à batifoler et à conter fleurette à telle gente dame, plutôt que de s’occuper sérieusement des affaires. En secret, ils votèrent pour ce clown sinistre, et la France connut presque 20 ans d’une première véritable dictature libérale, que ces élites finissaient par croire qu’elle n’en verrait jamais le jour et la couleur. Le mot d’ordre de Guizot fut prolongé : “Enrichissez-vous”, et, comme la France est trop petite pour vos appétits, colonisez, en suivant de près ces troupes prolétaires qu’il faut et déporter, éloigner et utiliser, en s’en méfiant. Le peuple français n’était pas assez malheureux : on y ajouta celui de l’Algérie, et d’autres colonies. En Afrique, ces petits marquis parisiens envoyèrent leurs fondés de pouvoir pour organiser le pillage, l’esclavage, pour surveiller le retour des profits. L’extension du domaine impérial connut une croissance exponentielle. La logistique ne suivait pas et la Bourgeoisie qui avait d’une nouvelle main d’oeuvre qualifiée se désespérait de voir Napoléon le Petit engager les réformes nécessaires. Mais, après le désastre mexicain, 1870 vit le nouveau désastre français, avec une défaite radicale face au nouvel ogre germanique, coaché par le rusé Bismarck. La Bourgeoisie qui entendait réformer pour ses intérêts se réjouit de pouvoir instaurer une nouvelle République, dès lors qu’elle restait sous son contrôle. Des hommes de main, habitués d’être des serviteurs servis, comme Adolphe Thiers et ses amis, se proposèrent et s’exécutèrent : enfin, ils firent plutôt exécuter les Communards en mai 1871, dans un massacre de logique génocidaire qui vit 30000 femmes, enfants, hommes, être massacrés dans Paris, afin de faire place net. Les Communards eurent tort d’avoir peur d’être trop radicaux. La grande bourgeoisie française n’eut ni cette crainte ni cette pudeur : elle fit massacrer, pendant qu’elle chantait des Alleluia à ses fenêtres. C’est pendant cette Troisième République, si corrompue jusqu’à la moelle, que commença le cirque de “nous sommes républicains, face à l’extrême-droite”. Celui qui devait devenir plus tard le modèle de Manuel Valls, lui-même politicien d’extrême-droite ayant fait sa place, comme d’autres avant lui, dans le “Parti Socialiste” français, Georges Clémenceau, fit beaucoup pour populariser cette comédie, d’autant qu’il fut le directeur de la publication de “l’Aurore”, qui publia le célèbre “J’accuse”. Certes, pour cette affaire, Clémenceau se trouva, exceptionnellement, du bon côté de la barrière et de l’Histoire, mais “l’Aurore” a t-elle publié un autre “J’accuse” visant les crimes français dans les colonies ? Que nenni. Pour la première fois, d’une manière aussi forte et claire, l’extrême-droite idéologique, politique, se forma, en tant que telle, avec, en son centre, l’Action Française, et servit ainsi d’exemple de différenciation-repoussoir. Je pense que je ne suis pas à l’Action Française, donc je ne suis pas d’extrême-droite, fut le sophisme à succès du temps. On connait sa fortune ultérieure. Mais c’est toute la “classe politique” française, en dehors de quelques-uns, qui était alors l’extrême-droite du temps. Elle avait le pouvoir, elle était le pouvoir. Ce n’est pas par hasard si ce pauvre Alfred Dreyfus tomba dans un guet-apens par l’état-major français, dont les principaux dirigeants, et notamment son accusateur en chef, Du Paty de Clam, étaient antisémites, et, tout en la servant, honnissaient la République, dont ils voulaient, autant que Esterhazy, la mort. L’époque était “charmante”, disait-on (chez les Bourgeois), c’était “la Belle Epoque”, l’époque où la grande Bourgeoisie pillait le monde, dans le contrôle, apparent, le plus total. Les anarchistes ne pensaient pas la même chose. Les “Indigènes”, ainsi dénommés par cette “fraternelle” République, également. Les futurs “communistes”, qui ne portaient pas encore ce si beau titre, également. Bref, ils étaient nombreux à vomir l’ordre social, les exploiteurs et voleurs et assassins. Et derrière eux, ils vomissaient aussi cette Eglise catholique qui bénissait à tour de bras tout ce “beau monde”, selon ce que ces “gens de bien” disaient d’eux-mêmes. Et ils s’en méfiaient : quelle sale coup réservent-ils au monde ? Nous le savons : ils n’en n’ont jamais assez. La compétition impérialiste de l’Internationale bourgeoise pouvait la conduire à vouloir régler ses différents par la guerre, en la faisant faire aux pauvres. Et c’est ce qu’elle fit. Les communistes refusèrent de la faire. Ils furent insultés : des traîtres. Et ceux qui dans les rangs contestaient ou désobéissaient ou avaient un profil “douteux” furent passés par les armes. La fraternité aux mains de la Bourgeoisie, c’est violent et cela saigne. On voit que, aujourd’hui, tous les samedi, nous nous trouvons dans une terrible et sinistre continuité, banalité. C’est l’extrême-droite qui voulait absolument la guerre. Elle l’eut. C’est elle qui, dans l’état-major et dans le gouvernement, la dirigea. C’est elle qui triompha à Versailles, dans son Traité. On y exhiba les “Gueules cassées”, qu’aucune chirurgie ne reconstruit, et, dans les dîners mondains, on se rit de ces “tronches abominables” (mais chut messieurs les journalistes, n’allez pas colporter nos rires…). Le cancer bourgeois se développa : de nouvelles extrêmes droite apparurent, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Belgique, en Europe centrale. En France, l’extrême-droite officielle, publique, politique, restait croupionne, au grand désespoir de certains. Et dire que nous pourrions passer d’un pouvoir implicitement d’extrême-droite (qui continue de faire massacrer dans les colonies, et), à un pouvoir explicitement d’extrême-droite ! Il fallait donc s’organiser : outre le contrôle sur nombre de parlementaires, il fallait préparer un régime fasciste français. C’est ce à quoi ils décidèrent de travailler, avec une Synarchie, un groupement d’intérêts capitalistes, secret, afin de préparer la mise en oeuvre de ce coup d’Etat, quand les conditions s’y prêteraient. En attendant, il fallait placer le maximum d’hommes dans l’Etat, et c’est ce qui fut fait facilement, puisque nombre de ces décideurs étaient déjà des hauts fonctionnaires. Les grandes fortunes finançaient, et on rassemblait les hommes. Le principal problème de ce recrutement était la faible qualité des recrutés. Que de bras cassés, que de têtes sans cervelle. Les Jean Filliol étaient rares. Quand un pire arriva (ou un pitre ?), avec le gouvernement de Front Populaire, et bien que ce gouvernement eut pour obsession de donner des gages de conformité sociale et économique au grand patronat, l’ire de la partie la plus hystérique de celui-ci, organisée dans la Synarchie, tête, et ce que les journaux vont appeler «la Cagoule», mains de, décida qu’elle n’en pouvait plus d’attendre et qu’elle devait faire le coup d’État qu’elle préparait depuis longtemps. Ce qui devait être une marche héroïque devint une pantalonnade, notamment en raison du refus d’une partie substantielle de l’Armée de suivre si précipitamment de tels aventuriers. Des putschistes furent arrêtés. Le complot était découvert (mais les anti complotistes par principe vont-ils nous autoriser à utiliser une telle expression, eux qui refusent de voir le moindre complot nulle part…), anéanti. On exhiba quelques individus, on ouvrit une enquête, on procéda à d’autres arrestations, et on prépara un procès. Mais le temps du monde avançait si vite que le temps français était, par comparaison, trop lent. Pendant que les rares, sincères, Républicains, attendaient des explications et de fermes condamnations sur ce complot, les Fascistes européens préparaient la guerre, et le Nazisme avançait à son train habituel, c’est-à-dire à la vitesse de l’éclair. A peine un discours sur la paix était-il terminé que les troupes allemandes envahissaient, la Tchécoslovaquie, l’Autriche, laquelle se trouva même annexée à l’Allemagne, dont «l’espace vital» ne cessait de croître. Finalement, en France, le Sénat eut la peau du timoré gouvernement Blum, et les radicaux prirent le pouvoir, avec des mesures anti sociales, afin d’effacer le plus possible les lois «sociales» du Front Populaire. Entre les Rouges et les Bruns, le coeur des Daladier et consort n’hésitait pas. Alors qu’une nouvelle guerre européenne devenait certaine, des Cagoulards furent libérés et d’autres eurent des promotions, avec des responsabilités dans l’État français. Pour frapper les communistes français, le «pacte de non-agression» germano-soviétique fut le prétexte parfait pour les stigmatiser et leur retirer leurs mandats civiques, et depuis, ce pacte constitue un élément de langage systématique des extrémistes de droite et d’autres qui ne réfléchissent pas à ce qu’ils disent, pour accuser les communistes d’avoir pactisé avec le nazisme, alors que c’est l’extrême droite française qui, à ce moment-là, travaillait déjà main dans la main avec les Nazis, contre les communistes ! Les historiens sérieux le répètent, mais ils ne sont pas entendus, leur parole étant couverte par le vacarme d’une société du spectacle dont un des objets est précisément de produire du bruit pour faire écran aux paroles sensées : ce «pacte» fut signé par les Soviétiques, en désespoir de cause, dans la mesure où leur volonté d’avoir un tel pacte avec, la France, l’Angleterre, fut mis en échec par les dirigeants politiques et militaires de ces pays, alors même qu’il constituait une garantie remarquable de sécurité, par le fait de, une nouvelle fois, tenir l’Allemagne en tenaille. Mais ces dirigeants ont consciencieusement refusé ce pacte, par un choix très clair : un accord avec les Rouges, jamais, alors qu’une entente avec les Nazis était possible, surtout si ceux-ci continuaient de foncer vers l’Est, précisément en attaquant l’URSS. Et si en 1940, Hitler avait proposé aux dirigeants français un plan de paix, y compris en les associant à une attaque contre l’Union Soviétique, que croyez-vous qu’ils auraient fait ?! Hélas pour eux, le pacte germano-soviétique ruinait ce «rêve», et permit aux Nazis de se focaliser sur l’Europe de l’ouest, ce qu’ils firent ardemment, et avec les résultats que l’on sait. Après la «drôle de guerre», les combats advinrent. Contrairement à un récit historique franco-français, l’armée française ne fut pas si facilement défaite par l’armée allemande, comme le prouve les pertes allemandes. Mais sa défaite ne vint pas des hommes en bas, même mal armés, mais la désorganisation, les mauvais choix, ou les choix efficaces (quand un traître trahit, il fait ce qu’il a à faire), furent le fait de l’état-major, notamment parce qu’il y avait en son sein des défaitistes, parce qu’ils voulaient instaurer en France un régime fasciste, allié aux Nazis. Ce fut «le miracle de juin 1940», avec le chef des Cagoulards, le vieux Maréchal Pétain, et sa clique de gangsters, qu’ils soient hauts fonctionnaires, dirigeants de grandes entreprises, ou hommes de main, sortis des prisons pour former la Gestapo française, la Milice. Partout en Europe, jusqu’aux frontières les plus à l’Est, les extrême droite nationales eurent le pouvoir, et elles firent ce qui les représente le plus clairement, commettre des crimes, des vols. La période de l’Occupation fut ce temps, quatre longues années, pendant lequel, lesquelles, celles et ceux qui entendaient ne pas servir le régime, qui entendaient, résister, furent en danger, et, souvent, y perdirent la vie, parfois dans des conditions atroces. Le visage de cette «collaboration» est double : il est celui de Bousquet, lequel, après la guerre, parviendra à s’inventer une histoire fictive, qui sera judiciairement validée, pour lui permettre de se relancer, avec le soutien de ses amis fidèles, dont un certain François Mitterrand, et il est celui des Bonny/Lafont, le duo de gangsters dont l’un fit même le choix de devenir un SS, pour pouvoir perpétrer autant de crimes qu’ils le voulaient. Pendant que ces salauds accomplissaient leurs basses œuvres, avec la bénédiction d’une grande bourgeoisie entièrement consacrée à faire des factures à l’occupant et à en être payés, alors que cet argent venait du pillage des ressources des Français, on sait que ces serial killer allemands mettaient en œuvre une tuerie de masse, avec un «humanocide», avec la Shoah par balles, puis les camps d’extermination, et des massacres partout en Europe, en Ukraine, en Grèce, en Serbie,. L’extrême droite française a notamment, et en chantant, trahi la France et les Français, mais elle a également trahi l’Humanité, en se faisant la complice de ces criminels. Pour se dédouaner d’une telle responsabilité, l’actuelle extrême droite idéologique se sert des rares «résistants» d’extrême-droite qui, dès le début de la guerre ou après, firent le choix de ne jamais accepter l’occupation et la collaboration. Dans leur camp politique, ils existèrent mais ils furent absolument marginaux, et ils ne peuvent annuler, par leur existence même, ce qu’était l’extrême droite de l’époque : au pouvoir, et dans le crime. «L’armée du crime» était en fait formée de tous ces Français qui trahirent la France. Ils étaient connus – ou non. Et quand les victoires de l’Armée Rouge s’accumulèrent, ces sinistres comprirent qu’ils devaient faire un choix : ou être des jusqu’au-boutistes ou changer d’attitude, de logique. La majorité préféra «évoluer». C’est ainsi que des «vichystes» de la première heure devinrent des «résistants» de la dernière heure, et qu’une historiographie française les qualifie de «vichysto-résistants», comme si, dès le départ, ils avaient joué un double jeu. En fait, dès le départ, ils furent des collaborateurs zélés, mais quand ils sentirent le vent tourner, ils prirent peur, et préfèrent ne pas insulter l’avenir. Quand l’heure des comptes arriva, leur espoir résidait dans ce qui fait leur spécialité, le contrôle de l’État. Si les communistes prenaient le pouvoir, beaucoup pouvaient craindre des jugements sévères, la prison, la mort, l’exil. Il fallait donc absolument empêcher ceux-ci d’être à la tête de la France. L’extrême droite avait dans sa manche une carte : le Gaullisme, et De Gaulle lui-même. Certes, De Gaulle ne pourrait sauver tout le monde, et pour paraître être un dirigeant sérieux et sévère, il devrait laisser faire quelques condamnations à mort, symboliques. C’est ce qui fut fait avec Laval, Brasillach, et quelques autres. Mais le nombre de condamnés à mort fut très faible, au regard de ce que fut les crimes de la collaboration. Et des collaborateurs furent maintenus à leur poste, ou y revinrent rapidement. Comme en Allemagne, la «Justice» fut peu épurée – idem pour la police, et d’autres fonctions publiques. La photographie est célèbre : un Papon a pu se trouver près du Général de Gaulle, à Bordeaux, à la Libération. Il faudra attendre des décennies pour que ses crimes soient révélés, qu’il soit jugé et emprisonné, avant d’être rapidement libéré, au prétexte de son grand âge. Les Gaullistes réussirent le «miracle » : les communistes ne purent prendre le pouvoir mais y furent seulement associés. En peu de mois, ils mettent en œuvre une partie du programme du CNR, avec, notamment, des nationalisations, la création de la Sécurité Sociale. L’extrême droite économique en fera des crises, et depuis n’aura de cesse de vouloir effacer ces décisions et leurs effets, afin de s’en tenir à son seul programme économique, tout en faveur de la propriété privée. A sa grande satisfaction, une nouvelle alliance des socialistes, des radicaux, avec d’autres, permet d’expulser les communistes du gouvernement, et de reprendre, à peine la guerre terminée, leurs sales besognes, en métropole et dans les colonies. Alors que la France a connu quatre années d’occupation criminelle, avec ses martyrs, l’État français capitaliste maintient ses prétentions coloniales, et oblige l’armée à perpétrer des crimes, comparables à ceux des nazis pendant la dite occupation : en Indochine, les méthodes militaires françaises seront imitées plus tard par les soldats américains, quand ceux-ci prendront le relais de la lutte contre les Communistes ; en Algérie, après un premier massacre immense à Sétif le jour même de la Libération de la France, le 8 mai 1945, les socialistes, radicaux, font le choix de la guerre d’une armée contre une population, en s’enfonçant dans le déshonneur. Ministre de la Justice, François Mitterrand rejette des demandes de grâce pour des condamnations à mort, visant des combattants de la Libération de l’Algérie. Si une certaine extrême droite hystérique, «politique», sert, encore, de repoussoir, pour se différencier, le pouvoir en France depuis la fin de la guerre jusqu’en 1958, est encore aux mains de la véritable extrême droite, et, avec le coup d’État gaulliste, va accentuer ses prérogatives. De Gaulle choisit des personnalités d’extrême droite pour le servir : Couve de Murville, Papon, etc. La même extrême droite hystérique n’accepte pas le fatalisme gaulliste pour l’Algérie, et cherche à assassiner De Gaulle. Une fois de plus, elle est parfaite pour se différencier, et faire passer la «droite gaulliste» pour «républicaine», alors qu’elle est infestée par l’extrême droite, comme le sont dans le même temps les socialistes de la SFIO. Tous communient, à genoux, dans l’anticommunisme. Si les gaullistes purs et durs défendent la politique du Général à l’égard de l’OTAN, le reste de ce troupeau se désole, pour «nos amis américains». Cette extrême droite catholique qui dirige la France, si proche de celle d’Espagne, laquelle connaît un gouvernement entièrement dirigé par l’Opus Déi (selon le choix de Franco, le «miraculé» de 1945), est très à l’aise dans sa dictature sociale, et notamment médiatique. Quand certains n’hésitent pas à vilipender la «Pravda» en URSS, au motif qu’elle aurait constitué un organe de presse unique et de propagande, que faisait l’ORTF en France pendant ces années ? ! La caution culturelle (des pièces de théâtre) était bien pratique, pour laisser penser, croire, à une certaine «liberté d’expression» qui, par ailleurs, n’existait pas (les rares organes de presse non alignés sur la politique gouvernementale étaient marginalisés, méconnus ou inconnus des Français). L’atmosphère de ce pays à nouveau soumis à un joug catholique était si pénible que, avec 68, la contestation pris corps socialement et massivement, mais l’habileté politique habituelle de cette extrême droite politique et pragmatique la conduisit à obtenir la dissolution de l’Assemblée, pour obtenir un vote plébiscitaire, ce qu’elle obtint, avec une nouvelle majorité, prête à continuer ses basses œuvres. A peine avait-il pris le chemin de la sortie, que De Gaulle se rendit en Espagne pour rencontrer son ami Franco, et le remercier pour, à la fin de la guerre, «nous avoir sauvé des communistes». C’est ce que certains qualifient de «dirigeant républicain». Pour cette extrême droite politique et, principalement, catholique, qui dirige la France depuis plusieurs siècles, et notamment de manière plus explicite depuis la fin de la Révolution en 1794 (ce qui suit permet en effet aux anti révolutionnaires de reprendre le contrôle de la France), l’enjeu est clair et simple : être au pouvoir, et ne jamais, jamais, le perdre. Avec le départ et la mort de De Gaulle, il faut donc trouver les successeurs pour ce travail. Les Pompidou Boys commencent ce travail, en écartant le petit gaullisme social, incarné par Chaban Delmas, et déjà, les jeunes Giscard d’Estaing et Chirac se prennent le bec. Qui héritera du grisbi, quand Georges aura trépassé ? C’est dans ces premières années 70 que, De Gaulle n’étant plus là, les petites limites et barrières gaullistes mises à la financiarisation/américanisation de l’économie peuvent enfin sauter. L’élection de 74 voit le Macron du temps face à un extrémiste de droite dissimulé, François Mitterrand. Le Président de la communication marketing est élu. Il n’est pas, si, et très, jeune, il n’est surtout pas, beau, mais le marketing politique va le travailler au corps pour essayer d’en faire un homme «de dialogue», «sexy» – un point très important pour ce Germanophile qui fait supprimer le jour férié du 8 mai. Le fameux accident de voiture de ce sinistre personnage, place de l’Etoile, ne sera pas connu des Français, comme pour François Mitterrand plus tard, sa «fille naturelle» – les médias et notamment les nouveaux médias étant à la fois très serviles avec leur direction et leur rédaction en chef, et soumis à une possible et efficace censure, avant même le placement des journaux et magazines sur leur présentoir. Avec ce gouvernement, on fait donner les trompettes «sociétales» (baisse de l’âge de la majorité, droit à l’avortement), mais dans le même temps, l’austérité, philosophie politique de l’Opus Déi, est mise en œuvre, d’abord, par Chirac, puis, quand celui-ci ne supportera plus d’être un second qui devrait être un premier, par Raymond Barre – lequel réussit l’exploit de nommer Papon ministre ! Sous les yeux des Français, c’est tout un pouvoir d’extrême droite qui est à l’oeuvre et à la manœuvre, et ils n’en peuvent déjà plus, puisque cela dure et s’aggrave depuis des années. Pour la Bourgeoisie, il est préférable de parier sur une nouvelle extrême droite relookée, y compris en associant quelques sincères «socialistes» apparemment un peu marxisants (Chevènement). Mais cela passe par, une seconde fois, des communistes au gouvernement. Comment les gérer ? Ce n’est pas très difficile. Les postes qui leur sont confiés doivent être secondaires et ils doivent être toujours sous le contrôle des services du Président et du premier ministre. Quand il est élu, il faut aller chercher dans les pages des clowns du Figaro l’expression de la peur d’une certaine grande bourgeoisie (la plus radicale et hystérique, mais pas celle qui est majoritaire), de voir des chars de l’Armée Rouge sur les Champs Elysées. Avec François Mitterrand, anticommuniste radical, cette crainte était une folie – ou une comédie. Trois ans après l’installation d’un gouvernement socialiste très conforme, où Jacques Delors est systématiquement chargé des Finances, les rares Communistes en poste le quittent ou en sont éjectés, et le véritable visage de la politique de Mitterrand se révèle : imitation de celui qui l’a précédé dans cette fonction, il est fait retour à l’austérité, et, depuis cette date, l’austérité est restée le principe politique permanent de la grande bourgeoisie, de cette extrême droite politique et économique, qui dirige la France. Le petit gouvernement Chirac met même un coup d’accélérateur en ce sens : privatisations, suppression de l’autorisation administrative de licenciement. Le gouvernement Rocard qui lui succède fait de même, en y ajoutant une touche de «charité», avec l’instauration, pour les gueux, du RMI, matrice du RSA. Tous les gouvernements qui se succèdent continuent la même politique, avec les mêmes effets : l’enrichissement d’une minorité ne cesse de prendre de l’ampleur, d’augmenter, et un nombre toujours plus élevé de la majorité sociale devient très pauvre, voire se trouve expulsée à la rue. Pendant ce temps, l’extrême droite politique retrouve des formes et des noms, et, grâce à François Mitterrand, qui vise à affaiblir les communistes par un vote détourné des populaires vers l’extrême-droite, Le Pen devient une figure, prisée, des médias. Pendant le gouvernement Jospin de 1997 à 2002, les choix politiques de celui-ci et les manœuvres de Chirac lui permettent même d’accéder au second tour de l’élection présidentielle, même si c’est pour y subir une humiliation, tant les Français rejettent l’extrême droite. Une fois élu, Chirac se tourne vers cette extrême droite sociale, en nommant des Ministres dont la parole ne cesse d’imiter celle des Le Pen, avec Sarkozy, Fillon, et consorts. En face, l’opposition, comme aux Etats-Unis, est réduite aux «socialistes/démocrates», et, avec sa campagne nationaliste libérale, Ségolène Royal est facilement battue par Sarkozy. Les choses sont claires comme jamais : si le FN est soi-disant un parti d’opposition, avec lequel l’UMP ne peut faire alliance, la politique du gouvernement est explicitement une politique FN, avec le Ministère de l’Identité Nationale et de l’Immigration. La politique générale est tellement libérale, ultra-libérale, que le rejet de l’élu de l’Elysée est massif, radical, et même si son pseudo opposant du second tour ne motive pas, il est facilement élu. Avec les socialistes de ce PS français de notre temps, on pouvait lui faire «confiance» pour ne pas tenir ses, rares, engagements, sociaux (par contre, sur le «sociétal», et ce en raison de la montée en puissance d’une communauté gay, il n’a pas cédé face à l’extrême droite catholique hystérique, concernant l’instauration du mariage «pour tous»), et surtout, aller dans l’autre sens. Après un premier gouvernement Ayrault, fantomatique, le relais est confié à Manuel Valls, l’inimitable matador du PS. Ce qu’ils hésitaient à faire, lui, n’hésite pas. Les lois comme les propos qui les justifient, etc, relèvent toutes et tous de l’extrême droite politique et économique. La droite est bluffée, et inquiète : si on lui prend son travail, que va t-il lui rester ? Elle avait raison de s’inquiéter : face au rejet massif de ce PS, clone de tous les partis de droite, et donc de la droite, un parti qui prétend faire du neuf, avec de la comm, prend la place au… centre, afin de continuer à mener une politique d’extrême-droite. C’est ce que nous avons sous les yeux avec les Blanquer, Castaner, Maire, et… Loiseau. Et certains découvrent que ces Bourgeois furent, pendant leur jeunesse, encartés dans des mouvements d’extrême-droite ! Scandale ! Mais comment y aurait-il scandale alors qu’il y a continuité ? LREM n’est-il pas un parti d’extrême-droite, comme et pas comme les autres ? ! La politique de cette majorité ? Ce président, ses relations, ses propos, ses «valeurs», ses choix ? ! Les personnes à qui la parole est systématiquement donnée dans les médias, les Zemmour, Finkielkraut, etc, ne bénéficient-elles pas de cette autorisation à parler parce qu’elles donnent des gages, réactionnaires ? Oui, l’Histoire de France est terrible, pénible, tragique. Le peuple français doit ouvrir les yeux sur son Histoire : il a toujours été, sauf exceptions, rares, et vite massacrées, soumis, et ses maîtres n’entendent pas lâcher la bride, le joug. Dans une telle situation, la «révolte», de fait, est, en général, stérile. Les rêves d’un grand soir où, comme en 1917, en Russie, le pouvoir s’évanouirait, sont, en France, des rêves – une autre voie stérile. Mais il est possible de tenir en respect cette extrême droite, par essence, violente, criminelle : en constituant une force politique, sociale, suffisante. Un grand parti communiste est nécessaire pour, commencer, à nous protéger. Il lui appartiendra de faire ce qu’il faut pour, un jour, parvenir au pouvoir. Mais, pour commencer, les Communistes doivent connaître et leur Histoire, et notre Histoire – idem pour les Français. Ils doivent cesser de penser, croire, que l’ennemi le plus radical et dangereux est faible, limité, à l’extrême droite organisée dans le parti RN FN. L’extrême droite EST au pouvoir, EST le pouvoir. Il faut donc revoir les catégories politiques : il y a une extrême droite centrale, au tour de laquelle gravite des partis annexes, et, en dehors de cette sphère, il y a les, rares, partis, mouvements, politiques, contradictoires avec cette extrême droite. Une Loiseau ne doit pas faire illusion : ils et elles sont des centaines, des milliers, comme elle, quel que soit le parti d’extrême-droite auquel ils aient appartenu, ils appartiennent. Par exemple, il y a des réseaux patronaux, et un réseau clérical, catholique, extrêmement dangereux, l’Opus Déi.

PS : cette narration de l’Histoire de, France, et de l’extrême-droite au pouvoir en France, n’est pas complète. Elle l’est, avec des parutions antérieures, et le sera, avec des parutions ultérieures.

A propos de la non-épuration en France, Annie Lacroix-Riz va publier à la fin de cet été un ouvrage qui s’annonce être déjà un événement. A suivre.

Extraits de l’article : “C’était en 1984, à Sciences-Po Paris. À l’époque, Nathalie Loiseau s’appelle encore Nathalie Ducoulombier. Entrée rue Saint-Guillaume en 1980, diplômée trois ans plus tard, la jeune femme de vingt ans enchaîne alors sur une quatrième année dans la filière dite « Prép. ENA » (École nationale d’administration) de Sciences-Po, tout en passant une grande partie de son temps à étudier le chinois à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), afin de préparer le concours du Quai d’Orsay. Les 25 et 26 janvier 1984, se tiennent, rue Saint-Guillaume, les élections des délégués étudiants au conseil de direction et à la commission paritaire de l’établissement. Selon un document déjà cité par Mediapart en janvier 2018, Nathalie Ducoulombier apparaît cette année-là en sixième position sur la liste « commission paritaire » de l’Union des étudiants de droite (UED), un syndicat étudiant né sur les cendres du GUD à Sciences-Po, prônant l’union des droites et de tous ses courants de pensée, « maurrassiens, indépendants, gaullistes… ». Son nom figure parmi ceux de sept autres candidats, dont Christophe Bay, un haut fonctionnaire ayant contribué officieusement au programme de la candidate du Rassemblement national (RN) en 2017. Mediapart a pourtant pu authentifier le document en question, conservé dans les archives officielles de Sciences-Po Paris. Et a pu également vérifier qu’il s’agissait bien de l’ancienne ministre : en 1984, une seule étudiante portant le nom de Nathalie, Lydie, Ducoulombier, née en juin 1964, est inscrite dans la filière dite « Prép. ENA ». Ce sont bien les noms et date de naissance – publics – de Nathalie Loiseau. De nouveau questionnée au mois d’avril, la candidate LREM a d’abord répondu n’« avoir aucun souvenir » de sa présence sur une liste de l’UED. Puis, confrontée au document, elle a fini par reconnaître une « erreur ».”

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