La “réforme Blanquer” de l’Education Nationale, sa transformation en Ecole américaine low-cost, est majoritairement rejetée par les enseignant(e)s, mais …

Comme Blanquer est là pour faire le sale boulot, il continue et continuera – sauf si la mobilisation des personnels devient tellement importante qu’elle bloque l’Education Nationale. A défaut de parvenir à cette situation, ces extrémistes libéraux iront jusqu’au bout, parce qu’ils sont dopés à leur idéologie, avantagés par des puissances (Etats-Unis, UE, patronat, groupes financiers), parce que l’idée de transformer l’Education Nationale relativement égalitaire ou inégalitaire en système radicalement inégalitaire les enchante. Mais il y a un os : désormais, la majorité des personnels, dont les enseignants, enseignantes, concernés, s’expriment explicitement contre “la” réforme, qu’elle concerne le Lycée Général, le Lycée Professionnel, où les enseignements généraux sont laminés, l’Université avec Parcours Sup. Blanquer se comporte comme un dictateur : il a fait semblant de consulter les enseignants et les représentants des disciplines, et, après le rejet par ceux-ci des préconisations du rapport Mathiot, il a validé ses préconisations (Mathiot a été nommé à la tête d’un Sciences-Po régional, comme remerciements à ses services), et depuis, la mise en place de la réforme, dans son contenu, son organisation, les heures d’enseignement, les programmes nouveaux, etc, TOUT A ETE VALIDE BIEN QUE TOUT AIT ETE REJETE PAR LES PERSONNELS, notamment à l’occasion de votes solennels dans des instances internes de l’Education Nationale. Avec la création et la mobilisation au sein des Styles Rouges, nous assistons, depuis le début de l’année 2019, avec la récente journée nationale de grève, à une montée en puissance de la mobilisation des personnels. Cette “montée en puissance”, certaine, est lente. Les OS ne l’aident pas, avec une stratégie générale qui tente de ménager la chèvre et le chou (suivre un peu les personnels, ne pas affronter trop frontalement le violent pouvoir actuel). Une logique corporatiste, minoritaire, existe néanmoins, avec des collègues qui commettent l’erreur de penser la réforme uniquement dans ce qu’elle les
concerne, ou pire, s’installent déjà dans la concurrence entre les disciplines.Il est impératif de récuser, refuser, rejeter, cette logique. S’il sera impossible de rassembler tous les professeurs contre cette réforme, parce que certains, très rares, la soutiennent, sont proches de la retraite et se désintéressent de ce qui va arriver après, pensent que tout ce qui peut être fait échouera nécessairement, etc, il est important de travailler à réussir à créer la plus large union, afin de s’opposer à ces agents destructeurs. Ce qui se joue en ce début d’année 2019 est unique : ou, à l’instar des Gilets Jaune, la mobilisation enseignante est suffisante pour imposer un arrêt de la réforme en cours, ou, si celle-ci advient, le corps enseignant sera tellement affaibli, y compris en nombre, divisé, que, pour s’en remettre, il lui faudra ou des années ou des décennies. Et, en attendant, la violence sociale, de la part des plus riches qui dirigent, augmentera, avec d’autant plus de dégâts. Nous appelons tous les enseignant(e)s à prendre en compte la totalité de la réforme, au Lycée Général, au Lycée Pro, vers l’Université, avec un bac dont la valeur sera relative, “géolocalisée” (avec des conséquences sur les salaires !), avec une place toujours plus grande faite au patronat, comme dans le Lycée Pro, et ce parce que les têtes pensantes de ce projet de destruction de l’Education Nationale veulent, à terme, confier à ces bandits la co-gestion de l’EN, voire toute la gestion, avec des écoles/entreprises, sous tutelle des Régions. 

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