Un jeune, de plus, tué par un “représentant des forces de l’ordre” à Nantes : le post-colonialisme, criminel comme le colonialisme

Les capitalistes français, gavés par le colonialisme, ont été obligés, par des mouvements révolutionnaires, principalement communistes, de revenir en France. Si on sait que des anciens de “l’Algérie française” vivent encore avec une rancoeur terrible contre cette perte, dont ils furent largement responsables, par leur mentalité et leurs comportements, méprisants, haineux, contre “les Indigènes”, on ne le mesure pas assez pour les autres pays colonisés, et pour ces dirigeants de l’Etat qui ont essuyé défaite sur défaite. Organisant, avec le patronat d’extrême-droite, des filières d’immigration, entre les années 50 et 2000, ils ont parqué dans des quartiers-ghettos, ces femmes, ces hommes, leurs enfants, en leur imposant de mauvaises conditions de vie, le chômage de masse, les discriminations, en les chargeant d’assurer des marchés clandestins, en leur imposant des logiques mafieuses locales. Si “les Français”, ceux qui n’ont jamais vécu dans ces quartiers, y avaient grandi, avaient été autant méprisés, parqués, interdits d’emploi (ce que le Parti des Indigènes de la République constate, légitimement, et met en cause), ils auraient fait ce que certains de ces jeunes font, parce qu’ils y sont quasiment obligés, par le système économique : filouter, parfois, voler. Ce sont de modestes voleurs, comparés aux voleurs, blanc, en col blanc, qui eux, détournent, des millions, dizaines, centaines, parfois des milliards, d’une manière ou d’une autre. Ces jeunes, eux, font, souvent, de la prison. Ces gangsters en col blanc, jamais. Si un jeune se fait arrêter dans ces quartiers, comme Aboubakar à Nantes, Adama Traoré en région parisienne, il est en danger de mort. Parce que ceux qui l’arrêtent n’hésitent pas à utiliser un moyen létal pour l’immobiliser, définitivement. En dehors de ces quartiers, il arrive que des personnes fuient la police, alors qu’ils sont menacés d’être arrêtés. Les faits divers nous en instruisent. Alors, AILLEURS, JAMAIS la police ne se sert de ses armes. Par contre, DANS CES LIEUX, OUI. Pourquoi ? Parce que, ailleurs, jamais la police, la gendarmerie, les CRS, ne se risqueraient à tirer. Là, ils savent qu’ils peuvent le faire, et qu’ils seront défendus. En 40 ans, ce sont des dizaines d’agents qui ont été poursuivis : 99% ont été relaxés, et 1% condamnés, avec du sursis. C’est un véritable droit de tuer qui est donné, par un Etat néo-colonial. Pour de tels dècès, comme celui d’Ali Ziri, la France est régulièrement condamnée, par des instances judiciaires internationales. Sur tout cela, les médias, ou n’en disent pas un mot, ou en disent un mot rapide, ou évacuent le problème. Et quand ils parlent de tels faits, comme le décès de ce jeune homme à Nantes, c’est toujours avec une logique discriminatoire, et pour alimenter la haine de l’extrême-droite. Cette haine, elle ne cesse d’augmenter, parce qu’on le lui permet, parce que certains la nourrissent. C’est cette même France qui honore Kyllian Mbappé et insulte Aboubakar, Adama Traoré. Ce sont les enfants des mêmes quartiers. Mais Kyllian Mbappé est un gentil garçon, qui s’est fait sa place dans une économie mafieuse, le football (ce dont il n’est pas responsable), et, dans ce cas, quand on est un gentil garçon qui fait ce qu’on lui dit, et qui rapporte des fortunes à des cloportes assis, là, tout va bien, on est parfait, mais si on est un jeune des quartiers qui n’est pas footballeur, là, on est à priori suspect, notamment si on s’est rendu responsable de quelques délits, et là, vous entendez, lisez, des citoyens-voyous qui justifient l’action de tirer et de tuer, sans qu’il y ait pour autant une cause déterminante à. Nous ne sommes pas, à priori, contre les policiers – ni pour ! Ce sont des fonctionnaires de l’Etat (pour l’instant, mais l’Etat actuel valorise de plus en plus les mercenaires du privé), à qui l’Etat demande beaucoup, rémunère peu, fait travailler dans des conditions difficiles, et focalise sur des individus et des populations qui ne sont pas, sauf exception, réellement dangereux – et ce parce qu’il s’agit de protéger de l’action policière la grande délinquance, en col blanc. Nous le disons aux policiers : l’Etat vous exploite, vous trompe. Si des jeunes des quartiers vous expriment parfois leur haine, vous devez comprendre que ce n’est pas vous qui êtes visé personnellement, mais l’Etat. Que nous soyons de telle ou telle couleur de peau, que nous soyons travailleurs, ou chômeurs, que nous vivions dans ces “quartiers sensibles” ou dans des cités-dortoirs, nous devons tous et toutes nous CONNAITRE et NOUS RECONNAITRE COMME PROLETAIRES, c’est-à-dire, comme des travailleurs et des non-exploiteurs des autres, et nous devons être ensemble, dans ou à côté d’un PARTI COMMUNISTE – qui, actuellement, n’est pas le PCF. En constituant cette force, nous pourrons alors peser sur l’Etat, changer l’Etat, préalable à la disparition de l’Etat, dans une société communiste.

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