Anthony Bourdain, le suicide américain

Anthony Bourdain a été obligé de vivre dans le plus grand pays fasciste du monde, les Etats-Unis. Né à New-York, d’origine française, il s’est suicidé, par pendaison, près de Strasbourg, le 8 juin de cette année, alors qu’il était sur place pour préparer une émission de télévision, consacrée à la cuisine. De cet artisanat, et de celles et ceux qui bénéficient de cette préparation, qu’elle soit le fait d’un cuisiner-artiste, d’un modeste cuisinier, d’une femme qui a l’habitude de préparer les plats pour sa famille, Anthony Bourdain avait fait de cette ligne de vie l’espace-temps de son épanouissement, par les rencontres humaines, qui le nourrissaient. Parce que cet homme de goût trouvait plus son plaisir dans ces rencontres, dans ces moments de partage, que dans la nourriture elle-même, prétexte à la découverte des humains. En se suicidant, Anthony Bourdain a rejoint les quarante et quelques mille personnes qui, chaque année, le font, dans ce «magnifique pays», cette «plus grande démocratie du monde», pour reprendre la phrase d’un perroquet comme Patrick Cohen, récitant sa leçon apprise à Sciences-Po. Des articles, désespérés, comme celui du «Monde», sont obligés de constater/reconnaître que ce chiffre total annuel représente une augmentation de 30 % par an, depuis 1996 – ce qui en dit long sur ce «rêve américain», escroquerie des escroqueries. Et l’auteure de l’article est bien obligée d’ajouter : «Chez les 15-34 ans, les suicides constituent même la deuxième cause de mortalité. Au total, ces morts brutales sont deux fois plus nombreuses que les homicides. Comme Anthony Bourdain, les hommes blancs âgés de 45 à 65 ans sont parmi les plus susceptibles de se donner la mort. Et les hommes en général représentent les trois quarts des cas. Mais le suicide chez les femmes augmente, de même que dans les communautés noires et hispaniques. « Les morts du désespoir », identifiées en 2015 par les économistes Anne Case et Angus Deaton, en référence à la surmortalité des hommes blancs âgés de 45 à 54 ans non diplômés, ne sont donc plus limitées à une seule catégorie de la population. Dans ce contexte, les Etats-Unis affichent un taux de suicide de 15,4 pour 100 000 habitants. S’il est encore loin du record de 1932, durant la Grande Dépression, où il culmina à 22 pour 100 000, ce chiffre apparaît plus élevé que dans la plupart des sociétés comparables». Ce pays détruit tout : les vies de la Terre, les vies humaines, aux Etats-Unis et en dehors. Les être sensibles, comme Bourdain, et tant d’autres (pensons à Kurt Cobain, etc) finissent par ne plus pouvoir supporter ce monde-de-violences. Ils ont raison. Mais ils ont tort. Il ne faut pas se suicider, mais suicider ce régime capitaliste. Quand vous faites vos repas, chers amies et amis, accompagnez les de la lecture de quelques ouvrages, et vous y trouverez, avec vos alcools, la force de vous lever et de vous dresser contre ce monstre, ce Léviathan pour l’Armageddon

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